Ibn badja alger

L'association Ibn Badja de Mostaganem à l’Opéra d’Alger

  • Le 19/02/2020 à 19:40
  • Dans Culture

L’opéra d’Alger a vibré, jeudi soir, au gré d’un amour enraciné envers les florilèges d’une musique ancestrale. Deux labels de la Sanâa d’Alger ont fusionné leurs passions afin de redonner à la musique ses plus belles lettres de noblesse, en passant des Beaux Arts d’Alger à Ibn Badja de Mostaganem.

Une symbiose historique a vu le jour, bercée par la voix des deux virtuoses Karim Semmar et Fayçal Benkrizi sous la direction de Mr Abdelhadi Boukoura. Un spectacle qui a ému plus d'un mélomane, on contera également la présence du grand maître de la Sanâa, Hadj Mohamed Khaznadji

En effet, l’opéra d’Alger a accueilli jeudi 13 février un spectacle qui restera marqué dans les esprits grâce à la fusion de deux associations d’envergure. La première est apparue en premier lieu, en 1851 sous le nom de la société des beaux arts, la classe andalouse a vu le jour en 1950 sous la direction de feu Abderrahmane Ben Rerzoug élève de feu A. Fekhardji.

En 1985, la venue de Mr A. Boumezaa a marqué la progression de l’association. En 2000 Mr. Abdelhadi Boukoura est devenu chef d’orchestre, connu de la sphère musicale grâce à son talent remarquable et sa pédagogie qui a su hisser l’association aux plus hauts échelons.

Les beaux arts d’Alger ont fusionné avec une association plus à l’ouest, à Mostaganem précisément, crée le 24 février 2002 par feu Sid Ahmed Benalioua et Fayçal Benkrizi, l’Association fut agréée quatre mois plus tard, son ascension fut maintenue grâce à ses fondateurs et à des figures immuables telles que feu maître Hadj Moulay Benkrizi et Dr Fodil Benkrizi, enchaînant les participations à divers festivals nationaux et internationaux, ainsi que plusieurs Prix nationaux à la clef.

L’association est actuellement présidée par Fayçal BENKRIZI qui est également son directeur artistique. Ce dernier a mené une carrière des plus glorieuses ce qui lui a valu la nomination de « Rossignol de Mostaganem ».

Le spectacle a été dirigé à la baguette par Abdelhadi BOUKOURA s’est vu honoré par deux têtes d’affiches dont Fayçal Benkrizi et Karim Semmar, un grand maître connu de tous, virtuose du piano. Il a, à maintes reprises, partagé la scène avec les plus grands maîtres du chaabi tels que Amar Zahi, Abderahmane Kobbi, Hachemi Guerouabi, Abdelkader Chaou, Kamel Bourdib et tant d’autres.

Le talent était bel et bien au rendez-vous lors de cette soirée si riche en musique. Au prélude, les deux virtuoses ont interprété une nouba Mezj raml el maya – Raml, la génération future à quant à elle, assuré la seconde partie du spectacle à travers un programme hawzi chanté par les jeunes solistes des deux associations en l’occurrence, Mounia Chatal, Faradj Bentounes, Karim Melzi, Sanaa Boumahdiou, Youcef Ait Amar Meziane , Omar boudlel , El hadi Selhaoui et Essera Djihane Azoug .

Un programme mdih s’en est suivi avant de terminer en apothéose avec une composition de Feu Liamine Haimoune « Djazayer ya hbibti ». Du début jusqu'à la fin, l’interprétation musicale fut magistrale, on a notamment retrouvé les instruments d’antan sur scène tels que le R’beb et le Kanoune.

D’Alger à Mostaganem, à travers les nuances de la Sanaa, cette fusion est allée à l’encontre d’un amour conjugué à l’unisson par des musiciens partageant le même élan, celui de hisser la musique andalouse sur un piédestal.

Par : Benchouk Manel Zahia.