Harraga

Polémique après la mort d’un migrant algérien

Une plateforme citoyenne et le frère d’un migrant algérien originaire de Mostaganem ont dénoncé, mardi, la mort dans des circonstances suspectes d'un jeune homme de 36 ans dans un centre de rétention du sud de l’Espagne, exigeant une enquête indépendante.

Mohammed Boudarbala, originaire de la commune de Hadjadj dans la wilaya de Mostaganem, a été retrouvé vendredi mort dans sa cellule de prison à Archidona en Andalousie, utilisée par les autorités comme centre de rétention depuis plusieurs semaines pour étrangers en situation irrégulière.

L’autopsie a révélé qu’il était mort "après s’être pendu à l’aide d’un drap", a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police. Lors d’une conférence de presse organisée à Malaga par la "Plateforme citoyenne contre le centre de rétention d’Archidona", son frère Ahmed Boudarbala a affirmé qu’il n’était pas suicidaire.

"J’étais en contact avec mon frère tous les jours, je l’appelais, il se plaignait de la nourriture et du froid, mais pas de la vie", a-t-il déclaré à des journalistes, selon la traduction espagnole de ses propos en arabe.

"Il était sportif, jeune, très joyeux et très positif", a-t-il insisté, avant d’estimer que les "circonstances de sa mort sont peu claires". Selon Ahmed, son frère et d’autres migrants ont été frappés par la police en charge d’Archidona, dans les heures qui ont précédé sa mort.

Des proches d’autres personnes retenues dans le centre ont également accusé la police de violences, en particulier à l’égard de migrants qui auraient manifesté contre leur situation, proche d’un régime carcéral, selon la plateforme.

Selon le porte-parole de la plateforme Daniel Machuca, les migrants ont dénoncé auprès de leurs proches leurs mauvaises conditions de vie, notamment l’absence d’eau chaude.

Le porte-parole de la police n’a pas pu confirmer d’éventuelles manifestations dans la prison. Le ministère de l’Intérieur espagnol, sollicité par mail, n’a pas non plus répondu à ces accusations. La police a de son côté annoncé dès vendredi l’ouverture d’une enquête sur la mort de ce migrant.

Le frère de Mohammed Boudarbala et la plateforme ont pour leur part demandé aux autorités espagnoles de suspendre d’éventuelles expulsions de migrants retenus dans ce centre afin qu’ils puissent apporter un témoignage précieux pour l’enquête.

En novembre, les autorités avaient justifié l’utilisation contestée de cette prison par le manque de place dans les centres de rétention classiques, débordés par l’afflux d’étrangers.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OMI), quelque 21.500 personnes ont atteint les eaux ou les côtes espagnoles en 2017, soit trois fois plus qu’en 2016. Au moins 223 ont péri pendant leur traversée.

Avec : AFP.

Bouderbala med

Image : La victime Bouderbala Mohammed (36 ans) de Mostaganem.

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