Park informel

Les gardiens de parkings informels imposent leur diktat

Un sentiment d’exaspération règne parmi les automobilistes de Mostaganem qui crient leur ras-le-bol devant une situation ubuesque de raquette que subissent les citoyens au quotidien, à chaque stationnement devant une institution publique ou privée.

Les « m’targui » exigent de s’acquitter d’une taxe « informelle » de stationnement variant entre 30 et 50 DA par voiture, au vu et au su des autorités locales, et autres responsables incapables de trouver des solutions à la tension conflictuelle qui perdure entre automobilistes et jeunes désœuvrés en quête d’argent facile et rapide.

La principale cause de ce climat électrique est l’absence totale de places de stationnement gratuit en ville, encore moins des garages à étages, dont un certain projet est tombé à l’eau faute de gestionnaires compétents.

La rareté, au final profite aux gardiens de parking autoproclamés dans chaque coins de rue, ou parcelle de terrain dans la commune, et difficile d’y échapper, tant leur prolifération a augmenté au fil du temps et devant le laxisme de l’APC hors jeu, dans la gestion de la cite.

Postes, cabinets médicaux, annexes de mairies, Sonelgaz et là où le citoyen va faire une démarche administrative ou autre, il demeure victime du diktat de ces « parkignistes » avides d’argents coûte que coûte. Portant des gilets jaunes, ils prétendent intimider ainsi les récalcitrants qui refuseraient de payer pour « rien » contre la surveillance de leurs véhicules.

Un phénomène qui perdure depuis des années, ponctué d’incidents et de faits divers relayés par la presse locale et notamment l’affaire de l’agression d’un citoyen dont le parent proche exerçait dans la justice qui a vu son pare-brise cassé par les voyous du parking à la Salamandre.

Armés de gourdins, ils font tout pour être obéis d’autant qu’ils agissent, le plus souvent, en groupe. Matraques en main, ils imposent leur diktat. Leur nombre et leurs manières intimidant leur victime, celle-ci est souvent délestée de cinquante (50) dinars pour les droits de stationnement.

Pour leur part, les automobilistes interpellent les autorités de la wilaya pour chasser totalement ces énergumènes des espaces de stationnement. Les jeunes, munis de leurs bâtons, se sont partagés les espaces exigus du centre-ville et des alentours pour en faire des parkings improvisés à ciel ouvert tout en imposant leurs diktats.

Un citoyen possédant une voiture, rencontré de bon matin déclare « Figurez-vous que dès que l’on gare son véhicule, des « m’targuia » sortis de nulle part,  exigent de vous le paiement « ’illico presto » de l’espace occupé, et parfois ils osent vous limiter le temps de stationnement », ce dernier ajoute, « pour éviter tout problème, il est plus sage de payer ».

Un cadre à la retraite interrogé à ce propos, a déclaré : « c'est vrai que ces « parkingueurs » font la loi,  pourtant il s'est déroulé il n’y a pas longtemps un drame à Mostaganem lorsqu'un gardien a poignardé un automobiliste au niveau de la place de l'hôpital et la situation persiste à ce jour ». En l’absence de places de stationnement gratuit en ville, le phénomène est voué à perdurer dans le temps.

Par : M. Salah.