Ibn badja 2019

L'Association Ibn Badja fête son 17ème anniversaire

L’Auditorium du conservatoire de Mostaganem avait du mal à contenir, vendredi 22 février 2019, tous ces fans de l’Art Andalou ! Et pour cause, l’évènement en valait bien la chandelle, puisque l’association Ibn Badja de musique andalouse fêtait son 17ème anniversaire.

C’est à une bien sympathique après-midi musicale, que l’association convia parents d’élèves et passionnés de la Nouba, pour partager dans la convivialité un programme musical de toute beauté, concocté pour célébrer le 17éme anniversaire de la fondation de l’association, dont la naissance remonte, en s’en rappelle, au 24 février 2002.  

Et l’affiche proposée allait mettre plein la vue au merveilleux public qui était tout yeux tout oreilles, guettant avec une perceptible fébrilité, les premières notes libératrices d’un récital qui allait réjouir, trois heures durant, un parterre attentif et bigrement andalou.

Le président et directeur artistique de l’association, Mr. Benkrizi Fayçal, qui a eu l’amabilité d’adresser des invitations à tous les présidents des autres associations mostaganémoises de musique andalouse -vœu que nous avions toujours formulé- se métamorphosera pour la circonstance, en maître de cérémonie attentionné, affichant beaucoup de prévenance à l’égard de ses sociétaires et surtout envers les jeunes pousses, qui pour l’occasion, étaient joliment fringués.  

Puis, seront conviés tour à tour, sur un mouchoir de scène, les trois orchestres des trois paliers qui constituent, sans aucun doute, la prodigieuse réserve de cette jeune association, que j’assimilerais pour ma part, à une véritable caverne d’Ali-Baba, eu égard aux nombreuses pépites qu’elle renferment.

Pour rappel, l’Association Ibn Badja, qui n’a certes que dix-sept ans d’âge, aura brillé sur toutes les scènes d’Algérie, de France et d’Espagne, devenant le porte-étendard d’une musique séculaire qui aura atteint la quintessence du raffinement.

Pendant toutes ces années, fidèle à son sacerdoce et à son cheminement sur le sentier lumineux de la Nouba, l’association voguera de succès en succès, voyant au final, son parcours chamarré de chatoyantes distinctions, conquises avec panache, dans les arènes andalouses et dans les compétitions officielles tenues à travers le  pays. Mais débordant d’altruisme, elle dédiera toutes ces distinctions - dont le nombre semble dépasser le quantum de son âge - à la ville qui l’a vu naître, Mostaganem, la lumineuse cité des Arts.

Un anniversaire en apothéose !

La classe d’initiation drivée par Ali Benguendouz, était sagement alignée, comme à l’école. Elle nous gratifia d’inqilabates joliment brodés, portés par des voix prometteuses. Dans cet ensemble joyeusement bigarré, l’on ressent une volonté à tous crins chez des chérubins qui adorent chanter et qui adorent tâter de l’instrument. Mais caractéristique propre à et âge, l’émotion les faisait par moment s’emballer.

La percussion, qui avait tendance à s’égailler, gagnerait pourtant à garder la cadence. Mais la bonne graine est là, à portée de main, saluée par des applaudissements nourris à la fin d’une sympathique prestation, toute en fraîcheur, qui charma l’assistance. La classe moyenne, que le président présentera comme étant l’anti-chambre de la classe supérieure, est à l’évidence mieux lotie en vocalise et en dextérité instrumentale.

La pimpante formation, plus assurée et plus rassurante, placée sous la houlette du talentueux Benalioua Houcine -un bijou de violon callé sous le menton comme un vrai Stradivarius- aura donné en la circonstance, un réel aperçu sur ses capacités artistiques, qui ne demanderaient qu’à se parfaire et à se bonifier.

Quelques solos dont celui du violon et d’une chanteuse, furent des moments de grâce, acclamés par la nombreuse assistance et complimentés par de généreuses salves de youyous, de ces retentissants et merveilleux youyous qui vous donnent la chair-de-poule ! Enfin, ce fut à la classe supérieure de nous gratifier de sa maestria .  

La Nouba mise en sourdine, l’assistance eut droit à une véritable chevauchée où s’alternaient les solos d’une mandoline exultant de bonheur, égrainant des notes cristallines, aux envolées pathétiques d’un Ney inspiré auxquels se joindra, un émouvant Istikhbar-prélude, jaillissant de l’âme émue d’un violon posé sur un genou.

Bref, le programme Zidane, par sa vivacité, son harmonie diaprée et par ses crescendos qui vous tirent vers les  cimes de la splendeur, fut une véritable réjouissance, que le public saluera par une longue standing -ovation.  

Avant de clore l’évènement, le public sera invité à partager une douceur décuplée, appréciée des palais, pour fêter dans la convivialité, un anniversaire qui aura tenu toutes ses promesse ! Alors, joyeux anniversaire Ibn Badja, bon vent et à l’année  prochaine inch’Allah !  

Par : Dr. Mahfoud BENTRIKI.

Culture

Commentaires

  • Mme Khira Hadrouga-Benghali
    • 1. Mme Khira Hadrouga-Benghali Le 28/02/2019
    A notre cher frère Dr Mahfoud Bentriki.
    Parcourir les lignes de ce papier culturel concernant le 17ème anniversaire de l'association Ibn Badja est un vrai bonheur. Un texte fantastique, clair et pertinent. Je dois avouer une chose, j'ai eu l'impression d'avoir vraiment assisté à cette merveilleuse soirée tellement c'est bien décrit, dans une plume garnie de mots magiques, bien choisis, une vraie saveur dont le style et l'esprit rendent la langue de Molière plus belle et plus belle encore. Je suis persuadée que le lecteur saura apprécier et appréciera la qualité et la clarté de ce billet dans son intégralité.
    Votre inspiration pour l'écriture continuera d'aiguiser votre plume, j'en suis convaincue.
    Bonne continuation !
    Une fidèle lectrice.

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