Djillali 01

Djillali Benabdelhalim revient cette semaine

C’est la veille du 27 mars 2016, journée mondiale du théâtre qu’a eu lieu, en présence du ministre de la culture, M. Azzeddine Mihoubi, l’inauguration officielle du tout nouveau théâtre « Djillali  Benabdelhalim »  de Mostaganem, après une attente qui aura duré de longues  années et un investissement financier qui dépassa allègrement les prévisions escomptées.

Le projet qui était censé doter la wilaya d’un pôle théâtral qui manquait terriblement à une ville que tout un chacun considère à juste titre, comme étant un creuset du 4éme art, suscita à l’époque, des réserves quant au choix de l’emplacement et des particularités architecturales inhérentes à un édifice culturel d’importance majeure, dédié à une ville qui enfanta des sommités du quatrième art et un festival du théâtre amateur.

Ce dernier, depuis son avènement et par manque de structure appropriée, était devenu itinérant, vadrouillant stoïquement pendant toutes ces longues années, de l’esplanade de la mairie à la maison de la Culture, en passant par la salle Afrique et le Stade Benslimane, sans oublier son bref passage par le théâtre de verdure.

Les spécificités et autres contraintes du chantier, feront que ce dernier connaîtra une période d’interruption due à de nombreux aléas tant techniques que financiers, avant d’être poussivement relancé ces dernières années.

Pour mémoire, rappelons qu’à l’indépendance, dans la région de l’ouest, deux théâtres, en l’occurrence celui d’Oran et de Mostaganem bouillonnaient d’activité, mais Mostaganem verra son théâtre de la place du 1er novembre rasé, sans que ce choix extrême ne fût étayé d’une quelconque explication.

Mais qu’à cela ne tienne ! L’absence de théâtre n’empêchera pas Mostaganem, épicentre culturel, d’occuper le devant de la scène - comme elle le fit pendant l’occupation avec les troupes d’El Mesrah-Essaidia de Benaissa Abdelkader et de Mesrah El Garagouz de Ould Abderrahmane Kaki, pour lesquelles l’édifice théâtral français était inaccessible - en perpétuant et en encourageant la pratique théâtrale par l’entremise d’un festival national, devenu fédérateur de toute une jeunesse et de toutes les potentialités artistiques (mise en scène, décors, chorégraphie, etc…)

Et ce, grâce à l’engagement de la commission culturelle du groupe scout d’El Falah, soutenue par le syndicat d’initiative et du tourisme et grâce aussi et peut-être surtout, faut-il le rappeler, à une poignée de mordus de théâtre qui tenait à cœur de mettre sur rail, un festival d’art dramatique à l’instar du festival d’Avignon crée en 1947 par Jean Vilar.

Mais la satisfaction est grande, car nous voilà aujourd’hui à rendre un hommage mérité à Djillali Benabdelhelim, un homme qui voua une grande partie de sa vie à l’émergence d’un festival dont s’enorgueilli notre ville, puisque c’est son nom qui est gravé aujourd’hui sur le fronton du nouveau théâtre.

Aujourd’hui représente donc l’aboutissement de plusieurs années d’un combat grandiose, visant à faire revivre la mémoire d’un homme qui aura investi talent et abnégation dans une prodigieuse épopée théâtrale. C’est pour cela que nous avons pour le titre, essayé de ressusciter la mémoire de cet homme, en paraphrasant l’œuvre du romancier Tahar Ouettar « Les martyrs reviennent cette semaine », nouvelle adaptée et mise en scène comme on le sait par Ziani Cherif Ayad. 

Nous saisirons cette opportunité pour rappeler succinctement le parcours exceptionnel de cet enfant de Tijditt, Djillali Benabdelhelim (1920-1990) dont l’histoire avec le théâtre remonte depuis la prime enfance.

Qui est Djillali Benabdelhalim ?

Benabdelhalim Mostefa dit « Si Djillali » s’inscrira dans « l’animation théâtrale » depuis son jeune âge, aussi bien au fawdj El-Falah; dans le théâtre scolaire à « l’Educatrice –Tahdibia » qui activait sous l’égide du PPA-MTLD; également à la troupe Essaïdia et au sein de la troupe française Arts et Théâtre, avant qu’il ne fonde en 1948, la troupe musico-théâtrale Badr. Mû par un insatiable désir de sonder les arcanes du théâtre, il suivra une formation d’art dramatique à Marly-Le-Roi, en comptant sur ses propres deniers.

Pour ce qui est de sa production théâtrale, nous citerons, « le dentiste atomique »; « moudjrimoune em la » (jouée à Alger, à la salle Aletti en 1949, lors du 1er concours d’Afrique du Nord de l’art dramatique en langue arabe) et « ziouadj berrida » (présentée à l’opéra d’Alger en 1950 où elle obtint le 1er prix du festival du théâtre amateur).

Mais Djillali Benabdelhelim est surtout connu et reconnu, comme étant le principal promoteur du Festival d’art dramatique qui deviendra Festival national du théâtre amateur que notre ville abrite depuis sa création, et dont elle abritera cette année, la 49e édition.

Nous formulons le vœu que ce nouveau théâtre sonne les trois coups d’un regain d’une activité théâtrale - qui n’a jamais cessée en fait – et qui aura fait de Mostaganem, la capitale du 4éme Art, eu égard à son riche passé et à sa tradition théâtrale, sans oublier de rendre un hommage appuyé à tous les animateurs et protagonistes de cette merveilleuse épopée, épopée à inscrire en lettre d’or dans la riche histoire culturelle de la ville.

Alors, que résonnent les trois coups et que s’ouvre le rideau !

Par : Mahfoud BENTRIKI.

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