Benaoum zou

A la mémoire de la musicienne Benaoumeur Zoulikha

La jeune musicienne Benaoumeur Zoulikha, sociétaire de l’association Ibn Badja de musique andalouse de Mostaganem est décédée le 15 juin 2018, à l’hôpital d’Oran, ravie à l’affection des siens des suites d’une brève maladie qui l’a foudroyée à la fleur de l’âge.

Musicienne talentueuse et soliste à la voix prometteuse, elle gravira avec assiduité les paliers d’un brillant cursus musical, en fréquenta d’abord  la classe d’initiation, drivée par le regretté Sid Ahmed Benalioua, celui-là qui même l’initiera aux premiers rudiments de la musique andalouse, avant qu’elle ne rejoigne la classe moyenne que dirigeait Benalioua Hocine, puis la classe supérieure, placée sous la houlette de Fayçal Benkrizi, où progressivement, ses prédispositions autant vocales que musicales seront mis en exergue, au grand bonheur des mélomanes.

C’est à ce moment qu’elle prendra de l’allant et de l’assurance en se mettant au service d’une musique séculaire héritée des siècles d’or de l’Andalousie médiévale. Ses collègues musiciens et musiciennes, bouleversés par ce triste coup du sort, n’oublieront pas de sitôt cette jeune fille d’apparence frêle, mais dont l’innocente grâce et les hautes qualités morales, en faisaient une personne attachante et respectée.

Née à Mostaganem le 06 août 1997, la jeune Zoulikha était une brillante universitaire qui préparait assidûment un diplôme en Biologie. Tous ses collègues ont en mémoire, l’immense chagrin que la défunte avait ressenti, lors du décès, en septembre 2015, de son professeur de musique, feu Benalioua Sid Ahmed.

En ces moments douloureux, nous pensons à sa famille éplorée et prions Allah de la soutenir dans cette pénible épreuve, comme nous leur présentons, nos condoléances attristées, en demandant au Tout-Puissant, dans ces jours bénis de l’Aïd El Fitr, d’accueillir auprès de Lui, cette enfant candide et pure, qui eut dans la vie un parcours certes bref mais Ô combien lumineux, à l’image d’un brillant météore, dont la clarté luira pour longtemps, dans nos prunelles assombries par cette soudaine disparition.

Telle une mésange effarée par la lumière, tu t’es envolée à tire-d’aile, vers le Royaume de Dieu, en emportant tes larmes amères et tes prières, et ton sourire d’enfant, comme une superbe offrande aux cieux. à Dieu nous appartenons et à lui nous retournons.

In memoriam

Zéphyr qui s’étend mollement au crépuscule, Où l’heure vient s’écarteler aux dessus du noir vallon, Une senteur s’y déploie au dessus des cyprès, Là où le soir y égoutte amèrement sa rosée, Ici, c’est la nuit qui allume une à une les étoiles, Kyrielle scintillante au confins du Magellan, Haletantes, poursuivant leurs courses elliptiques, Au-delà d’un autre ciel qui s’embellit d’une nouvelle étoile Zoulikha.

Par : Dr. Mahfoud BENTRIKI

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