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La grève s’installe dans la durée au port de Mostaganem

Le port de Mostaganem, étant le poumon économique de la wilaya, est secoué par une grève illimitée, jamais connue par le passé. En effet, les pertes enregistrées à cause de la grève entamée par des travailleurs, depuis le 25 avril à ce jour, sont de l’ordre d’au moins 7,6 millions DA et de 5000 et 15 000 dollars/ jour.

Des chiffres alarmants qui nécessitent l’intervention rapide du ministère de tutelle. Ce déficit en matière de surestaries occasionné à la trésorerie sera versé à chaque navire immobilisé, une compensation que l’affréteur doit payer au propriétaire du navire lorsque le délai de traitement dépasse ce qui était prévu dans le contrat de voyage.

Cette somme est versée au Trésor en dinars et ce dernier la reverse en devises à la compagnie maritime concernée. Pour soulager la situation un tant soit peu, les responsables du port ont reprogrammé provisoirement leurs opérations portuaires, déviant certains cargos vers d’autres ports comme Arzew et Ténès.

Actuellement, une douzaine de navires se trouvent en rade. Ce mouvement touche d’abord les conteneurs, qui constituent le principal fonds de commerce de ce port, et d’autres effets observés dans les déchargements, de transport terrestre et maritime (transport de voyageurs Mostaganem-Valence), les remorqueurs, opérateurs logistiques, etc.

Les grévistes réclament le départ du PDG de l’EPM, des cadres gestionnaires et autres responsables accusés de gestion douteuse de l’entreprise. Ils revendiquent également la levée de suspension des agents, la titularisation d’autres contractuels et l’augmentation des salaires avec effet rétroactif à partir de janvier 2018.

Les représentants des travailleurs sont déterminés à aller au bout de leurs revendications, refusent tout dialogue avec les responsables du port et demandent une commission d’enquête ministérielle pour élucider la situation. 

« Notre port n’a jamais connu pareille situation. Nous demandons une commission ministérielle pour remédier aux carences et aux dysfonctionnements», déplorent-ils.

A noter que l’EPM a enregistré un recul important de son activité commerciale, soit une baisse de 7% lors du premier trimestre de l’année en cours. Certains responsables contactés nient tous les faits qui leur sont reprochés et plaident pour un dialogue constructif.

Par : Hagani Lakhdar.

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