Des murs, encore des murs !

  • Par latif86
  • Le 11/03/2012
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Exclusif | Mostaganem Aujourd'hui  | Université | 

Des hôpitaux poussent un peu partout: hôpitaux de 60 lits à Bouguirat, Mesra, Achaâcha et 240 lits à Mostaganem (Kharrouba), tous en finition, les travaux des C.E.S ou corps d'état secondaires en cours. Des universités fleurissent aussi et comme des tulipes: Faculté de médecine dans notre ville.

De faramineux et prodigieux projets de valeur, couteux et dignes d'un pays respecté et respectable. Mais où sont les têtes? Où sont les « meubles », ces médecins, ces spécialistes, ces professeurs compétents, capables, qualifiés pour diagnostiquer, soigner et même sauver des vies, aussi pour enseigner le meilleur à nos enfants, aux étudiants.

« Des têtes vides ou peu remplies, tel est l'état actuel d'une majorité de nos universitaires »  

Des bagages et des têtes vides ou peu remplies, tel est l'état actuel d'une majorité de nos universitaires. Oui, nous manquons de toubib, un corps médical bien en dessous de nos besoins de santé. Mon cœur se penche beaucoup plus sur le savoir et la science, alors je dirai ceci: Nos universités pauvres en enseignants aux capacités de transmettre le savoir avec l'art, la manière d'une belle pédagogie et éclat. Oui, reconnaissons le, beaucoup d'efforts sont fournis par ces cadres mais malheureusement s'avèrent insuffisants, les résultats sont très significatifs.

Que voit-on? Peu de professeurs! Certains trimbalent d'une ville à une autre pour assurer les cours, tout le monde accède ou presque à l'université pour enseigner, de nouveaux diplômés reviennent à l'institut pour professer. Nos étudiants débutent l'année universitaire souvent bien tard, certains à partir du mois de janvier de l'année en cours. Ils rebroussent le chemin vers la maison maintes fois faute de professeurs, encore non désignés ou tout simplement absents.

C'est drôle pour des institutions qui sont l'image de la nation et le flambeau du savoir. La qualité et en particulier dans ce secteur devrait primer devant la quantité. On ne doit pas rester spectateurs, contemplant, acceptant, se contentant d'une médiocrité manifeste et se plaire à lancer des chiffres, voire des farces et des bouffonneries.

Eh bien, ce n'est guère une bonne farce, elle est drôle et ne réussit pas, plutôt nuit. Elle est burlesque, cocasse, et surtout comique, ce n'est pas une danse de guimba, et de loin un commerce.

« A l’université, on devrait différencier entre le grain et l’ivraie, calibrer et trier »  

A l’université, on devrait différencier entre le grain et l’ivraie, calibrer et trier, faire toute la transparence sur le travail fourni par un chacun. Qu'ils soient professeurs ou étudiants, de l'objectivité, de la sincérité, du sérieux voire de la conscience qui en réalité nous fait défaut. Plus de facétie et de tromperie, « il faut toujours enseigner la vérité aux hommes », (D'Alemb), l'université et sa composante sont sacrées. Pourquoi ne pas inviter ces commissions internationales ? Pour nous stimuler et nous situer, nous corriger, aussi procéder à un classement national et même international (on le fait ailleurs).

Ainsi on pourra comprendre nos erreurs, constater le virus qui ronge notre enseignement supérieur, le supprimer et l'éradiquer à jamais. Oui, ce n'est pas facile, le mal est assez profond et ne finit pas de s’aggraver, un niveau très bas! Nous ne voulons pas de "HONAÏNE", ce bonhomme parti dans les temps en chine pour étudier et apprendre, est revenu après des années plein les livres, vide la tête. Je le redis encore une fois, je ne vois pas en la rose que l'épine, nos roses sont bien belles mais ne sentent pas toutes bon.

La douleur a atteint son paradoxe et nous avons peur quant à l'avenir de nos enfants. La qualité et le résultat doivent faire l'objet d'une politique bien définie, bien réfléchie, bien stricte, bien contrôlée et surtout bien exigeante. Alors place à la compétence, toute la compétence et rien que la compétence.

Voyons ces universités qui font la fierté de leurs pays, des éloges! C’est grandiose! La Sorbonne (France) pris forme en 1901, un pôle de recherche et d'enseignement supérieur. Cambridge (Angleterre) fondée en 1209, créée avant la ville qui prendra son nom, Oxford sa cadette en prestige et son ainée des années 1116. Haward university (U.S.A), avec ses 376 ans et Stanford née en 1891, elle a notamment participé à l'élaboration d'internet, parmi ses professeurs et chercheurs, on compte actuellement 18 prix Nobel.

El-Azhar (Égypte), fut créée en 969, l'une des principales universités d'études de l'islam et l'une des plus anciennes du monde arabe, longtemps en compétition avec El-Quaraouiyine (Fès du Maroc) sur le plan scientifique, fondée après Zitouna et Cordoue. Zitouna (Tunisie), a vu le jour en 737, parmi ses enseignants ou étudiants illustres du moyen âge figurent le précurseur de la sociologie l'Algérien Ibn Khaldoun et son frère Yahya l'historien.

C'est une petite virée pour juste réveiller les consciences. Je parle avec un cœur gros comme ça ! Je me révolte contre ce manque de réalisme, de « je m'en foutiste » et de « jusqu’au boutisme ».

« Un universitaire d'aujourd'hui égale à peine un lycéen des années 70 et à savoir»  

La situation actuelle à l'université n'est guère prometteuse, elle est triste, navrante, affligeante. Soyons réalistes, plus consciencieux, corrigeons nous et remettons notre train sur le bon rail. Qu'on soit juste à la hauteur de ses tâches et de sa mission, celles qui cimentent et bétonnent les fondations d'une université digne de son nom. Elle demeure la base du savoir et du progrès des nations, érige et concrétise ainsi les espoirs de demain en nous hissant haut, très haut pour atteindre les cimes de la gloire.

Si les responsables de ce secteur faisait mieux leur travail, on n'en serait pas arrivé à cet état de fait désolant. Admirez ce chef-d’œuvre de médiocrité! Ok! Nous sommes un pays jeune, qui a quand même 50 ans (Depuis l'indépendance). L'incompréhensible! Nous constatons tous le niveau d'enseigner se dégrader, un universitaire d'aujourd'hui égale à peine un lycéen des années 70 et à savoir !

Nous avons bien appris durant ces belles années 60, 70 et 80, ah! Ces professeurs venus de tous horizons, nationaux et étrangers, des coopérants, arabes, européens et bien d'autres. Pourquoi ne pas revenir à ces formules de coopération? Justement pour restructurer, réactiver, stabiliser et repropulser ce niveau qui ne cesse de décroitre. Il n'y a pas à rougir, aucune honte à revoir ses calculs et se corriger pour mieux faire. A mon humble avis, c'est nécessaire voire vital pour progresser.

« Nous souhaitons tous, le développement et l'émergence de notre pays l'Algérie »  

Nous souhaitons tous, le développement et l'émergence de notre pays l'Algérie, nous n'avons pas d'autre et nous l'aimons. Oui, qu'il émerge parmi les grandes nations de ce monde impitoyable, à intérêt où le fort domine et le faible agonise.

On n'en veut plus de ses costumes de circonstance et de ces robes de cérémonie, de ces jubilations générales et de ces laudateurs. Qu'on se mette au travail et permettre à nos enfants, nos étudiants d'atteindre les échelons et les degrés des connaissances par la grandeur du savoir, « Les chef-d’œuvres ont un niveau, le même pour tous, l'absolu », (Hugo).

Nos enfants, ces étudiants, ces hommes et femmes de demain, ces flambeaux du jour, du pays et du monde, ces astres, ces soleils devraient nous éclairer intellectuellement et moralement. Ils sont la clé du progrès, de la civilisation, de l'avenir. Qu'ils boivent de cette jarre d'un savoir limpide, clair et pur, du vrai, du meilleur, leur permettant ainsi de vivre honorablement et de faire vivre dans la gaieté, la confiance et l'amour d'un pays qui a tant besoin de ses enfants.

Qu'on sache que tout demeure relatif; la relativité a remis en question les principes de la physique et de la mécanique Newtonienne, ainsi que la conception de l’espace et du temps. Donc, elle permet tout simplement de résoudre les équations de tout système de coordonnées. Disons que notre université en est un, et ses coordonnées sont bien connues ainsi que les solutions, n'est-ce pas ?

Ils sont beaux ces murs, mais avec les têtes ils seront plus beaux ! Leurs fruits succulents et leurs roses sentiront toutes bon. Plus de temps à perdre, allez Oust au travail.

Auteur : Monsieur Kadid Medjahed (Cadre technique)

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Commentaires (19)

1. Kadid 04/06/2012

Effectivement Mr Mohsen, un débat, des avis et des différences d'expression. Tous avec en commun un sens, celui de l'objectivité constructive. Dire ce qu'on est d'une façon merveilleuse, sans complexe ni pression, une forme magistrale, un cœur gros comme ça! Discuter de nos maux, ceux de notre société, communiquer, ne peuvent que soulager et surtout faire réfléchir tout un chacun d'entre nous, tout responsable à s'appliquer, voire se corriger. L'université c'est très sensible et très sérieux, ce n'est pas le "souk". Merci à vous tous chers lecteurs et lectrices, vous êtes d'un apport notable et d'un soutien remarquable pour « M.A » et pour tous ces collaborateurs.

2. Monsieur AZZI Mohsen 29/05/2012

Bonjour à tous! Essalam alaykom.
Je tiens à souligner en premier, votre implication remarquable et vos contributions enrichissante à notre site Mostaganem Aujourd'hui qui grandit. Ce sujet m'interpelle directement! Des murs oui, construits pour renforcer la médiocrité et isoler toute forme d'émergence salutaire scientifique et de qualité... Votre article m'a été illustré "en direct" hier par l'état d'esprit de mon ancien étudiant venu de Blida pour apprendre l'espagnol à Mostaganem. Sa phrase m'a beaucoup touché et attristé, voir au point de les "dégoûter de cette merveilleuse langue! C'est révoltant.
Vous avez su, monsieur Kadid, susciter le débat et les réactions des lecteurs à juste titre.

3. Mustapha 27/05/2012

Assalamu aleykum wa rahmatullah.
Je trouve votre analyse très pertinente. Effectivement le résultat désastreux de cette décadence à plusieurs niveaux, notamment l'éducation civique, le niveau universitaire, le manque de professionnalisme et de savoir faire, se répercute négativement sur notre quotidien. Voilà pourquoi nous trouvons des enseignants sans conviction qui nous livrent des médecins "bouchers" qui soignent avec du "à peu près" ou malhonnêtes, qui considèrent le patient comme une marchandise (HACHA LLI MA YESTAHELCH).
Des architectes incompétents qui gaspillent l'argent du peuple dans des projets, nuls de chez nuls, avec la complicité des commanditaires bien-sûr, et j'en passe.
Ce qui nous manque c'est l'amour de ce que nous faisons. Quand on est honnête et l'on aime son travail, on ne peut que le perfectionner.
Malheureusement, maintenant, chacun est préoccupé par les affaires, l'enseignant ne donne pas grand chose, et l'étudiant n'en réclame pas plus et la société se trouve prise en otage de ce genre de comportement malsain.
Mon cher frère, l'Algérie n'a pas besoin de faire appel aux étrangers pour enseigner, il suffit d'une volonté politique de changement, et vous verrez des milliers de cadres Algériens diplômés des grandes universités, possédant une expérience reconnue mondialement, affluer au secours de leur patrie.
Je suis architecte exerçant en France, je vous garantie que beaucoup d'Algériens, cadres et professionnels, aimeraient faire profiter leur pays de leurs savoir faire, chacun dans son domaine, moi le premier.

4. Nacy BEN 27/05/2012

Sincèrement Monsieur, j'ai lu votre sujet, que je trouve très intéressant ou plutôt sensible et avec beaucoup de qualité. Effectivement l'université n'est plus la même que celle des années 60 à 80, le but de l'étudiant maintenant c'est d'avoir une note juste pour boucler l'année. Il ne cherche pas à développer ses connaissances comme on le faisait avant.
Permettez moi, Monsieur, de revenir au secteur de l'éducation qui est la base, à mon avis, de formation de ces étudiants qui ont hérité de ce système malade. Je suis pour la coopération pour le développement de nos écoles d'abord ensuite de notre université et de notre santé qui est malade surtout à Mostaganem et ça sera un sujet à débattre prochainement!!! Bi El tawfik in challah.

5. Amine 15/04/2012

On se contente d'un niveau faible, quelle indifférence! Des coeurs morts ou des morts vivants?

6. Dani. M 13/04/2012

L'université en pleine décroissance, un résultat qui fait peur aux hommes et femmes jaloux de leur pays. Je me demande quand se réveille t-on? J'applaudis votre texte tout en appréciant la qualité.

7. A. Menaouer 06/04/2012

En lisant ce sujet, j'ai revu mes années d'étudiant à l' I.N.E.S Mostaganem, plein dans le mile monsieur, tout à fait d'accord j'ai vécu tout cela. et ça continue !!! Belle virée de votre part monsieur, peut être elle réveillera leur conscience ou les écartera à jamais ces irresponsables, le savoir n'est guère en harmonie avec la médiocrité.

8. H. BENTOUNES 31/03/2012

Un système qui n'aboutit pas et qui devrait disparaitre, les maillons de ce système aussi, ils sont dépassés, leur façon de voir sombre, L'université devrait s'élargir et se doter que de capacités, de compétences et du meilleur à tous les niveaux. Faudrait-il importer ce savoir et ces prof. Pourquoi pas? L'état actuel de notre université oblige. Qu'on lise et qu'on comprenne c'est tout.

9. A. Nora - Oran 25/03/2012

Le niveau est juste moyen dans les anciennes universités, (Oran, Alger) j'y étais comme étudiante, je suis prof.

10. Laid Beniketir 22/03/2012

Effectivement, l'université a perdu de sa valeur. On ne comprend pas l'indifférence des responsables, c'est grave ! Nos enfants n'arrivent plus à se situer avec ce niveau très faible. On peut remédier avec des responsables compétents et jaloux de leur pays. Je suis pour la coopération avec tous ces pays qui ont un niveau supérieur d'enseignement. Salutations.

11. Fethi . B 22/03/2012

Les intérêts continuent de primer dans ce bled et on parle de" Watania" Elle est où? dans cette médiocrité qui nous empoisonnent tous les jours, dans cette indifférence ou dans ce manque de conscience? Deux secteurs de grande importance, merci Monsieur d'en parler et avec de la classe!

12. S. Rachid 20/03/2012

L'université n'est plus ce qu'elle était, un vrai massacre et ça continue au vu et au su de tous. Un manque de conscience !

13. M. Bensmain 14/03/2012

C'est soulageant de lire vos sujets monsieur, un plaisir, wallah beaucoup de qualité! Des sujets à faire frémir les coeurs, réveiller les consciences et le sens de la responsabilité. Objectivité, classe et spontanéité, toujours égal à vous même! Je vous ai compris et j'ai beaucoup apprécié vos dires, vos idées, une vérité! On devrait s'appliquer sur ce genre de réflexions. Revoir sérieusement et réhabiliter ces deux secteurs en moyens humains. Recruter des hommes et des femmes de qualité, qu'ils soient nationaux ou étrangers. La santé et l'université deux pôles, ô combien importants pour notre avenir: la santé et l'université.

14. Dija 13/03/2012

Sincèrement, nul ne pourrait mettre en doute ce que vous avez divulgué à propos de ce que dissimulent les murs et les enceintes de ces deux grandes structures représentant le savoir et la santé. N'est-il pas vrai qu'on dise toujours "un esprit sain dans un corps sain?" Le corps et l'esprit, deux piliers fondamentaux dans la constitution morphologique de l'individu, sinon qu'est-ce qui fait notre différenciation les uns et les autres? Malheureusement et comme vous l'aviez si bien analysé dans votre article, nos jeunes étudiants ressortent de ces établissements tels qu'il y ont accédé. Sur ce, je vous dis monsieur, bravo pour votre franchise insinuant une grande inquiétude et appréhension pour nos enfants. Ces futurs "cadres" chez qui repose l'espoir pour le développement de l'être et du pays, la génération de demain, l'avenir ! Merci.

15. Kadid 12/03/2012

Lire mes dires est un grand plaisir pour moi de part ces respectables lecteurs et en particulier mes enfants, merci ma fille et bravo !

16. Ancien étudiant 11/03/2012

Salut, j'ai malheureusement regretté les quatre années que j'ai passé en tant qu'étudiant à l'université de Mostaganem. Imagines-toi qu'on nous a rien enseigné! Nos profs, eux-même, ont besoin de faire de la formation. On commence réellement les études quatre mois après la rentrée officielle ! Crois moi, wallah j'étais tellement déçu. Avec un recrutement de qualité, on peut développer notre université..

17. Souhila 11/03/2012

Je suis juste au dessus de ta tête, dans ma chambre entrain de lire "des murs, encore des murs!" je l'ai trouvé magnifique ce sujet et d'une grande valeur. Ce n'est pas parce que je suis ta fille, plutôt il m'a attristée, apaisée et réjouie en même temps. Un voyage fantastique dans le temps et une réalité de nos jours. Je l'ai su, tu écrivais avec le coeur quand tu t'es retiré en demandant de nouveau à maman un café puis une cigarette, oui toi qui ne fume presque jamais. Je suis fière de toi mon papa.

18. Nacer. B 11/03/2012

Nos institutions manquent de moyens humains et en particulier l'université, centre névralgique du savoir. Oui nous demandons ces professeurs compétents et de qualité, oui ces coopérants de jadis. Le bricolage n'est pas permis à ce niveau c'est trop bête. Construire c'est important instruire c'est plus. Et que les responsables et concernés comprennent et se remettent au travail. Merci Mr Kadid d'aborder ces sujets sensibles et combien importants.

19. Med. k 11/03/2012

J'ai lu tout le texte et je ne me suis pas fatigué, j'ai même aimé continuer. Oui, il est important de construire mais plus de s'instruire, Une phase transitoire avec beaucoup de casse, je suis étudiant et nous voulons des professeurs de qualité, qu'on cesse de bricoler et de boucher les trous. Je suis pour la coopération pour restructurer nos universités et nos hôpitaux. Merci d'écrire Monsieur sur ces sujets importants et sensibles.

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